Avortement ou fécondation in vitro dans le cas d'une grossesse à risque pour l'enfant
Fatwa No: 349930

Question

Assalam alaykoum,Notre histoire est un peu particulière. Nous avons eu trois enfants dont deux sont décédés de cancer maladie génétique il y a un an, une petite fille âgée de 3 ans et un garçon âgé de 6 ans Rahimahom ALLAH , je résume la situation nous sommes médicalement tous deux porteurs de la maladie, c’est-à-dire que nous transmettons tous les deux un gène qui provoque de multiples cancers, la petite est née malade et a été soignée jusqu'à ses 3 ans et le petit garçon a eu son cancer cérébrale à 5 ans, sachant que ce sont des maladies très graves avec une issue très négatives, ces maladies nécessitent une présence constante à l’hôpital. Les médecins nous donnent deux possibilités pour une prochaine grossesse : soit une grossesse spontanée puis vérification pendant la grossesse à 11 semaines si le bébé est porteur de la maladie alors nous devons être confrontés à une décision très difficile et dangereuse de l'avortement et il se présente à nous une deuxième possibilité c'est le diagnostic préimplantatoire c’est-à-dire par sélection in vitro on ne réimplante que l’embryon sain. Nous demandons d'avoir une certitude basée sur des preuves véridiques la permission que ce soit pour l’avortement en cas de maladie du bébé soit la possibilité d’avoir recours au DPI. J'ai lu les articles relatifs à l’avortement sur votre site ainsi que sur celui du Dpi mais j'estime qu’il y a encore beaucoup de divergences et d’ambiguïté par rapport aux deux questions qui se posent. Par rapport à l'avortement nous ne sommes pas prêts psychologiquement à prendre une telle décision surtout en n'ayant aucun accord juridique nous concernant car chaque cas est diffèrent et chaque cas doit être tranché individuellement.

Réponse

Louange à Allah et que la paix et la bénédiction soient sur Son Prophète et Messager, Mohammed, ainsi que sur sa famille et ses compagnons :


Nous prions Allah, le Très Haut, de vous octroyer ainsi qu’à vos enfants une bonne santé, comme nous vous recommandons de recourir constamment à Allah, le Très Haut, et de Lui demander la bonne santé. De même nous vous rappellons qu’il ne faut penser que du bien d’Allah, le Très Haut, car Il est de Toute chose infiniment capable et tout est facile pour Lui : Son Savoir et Son Pouvoir sont infinis alors que le savoir et le pouvoir des médecins sont restreints !
Allah, le Très Haut, dit : « Ne sais-tu pas qu’Allah connaît tout ce qu’il y a dans le Ciel et sur terre ? Cela est consigné dans un Livre, et cela, pour Allah, est chose facile. » (Coran : 22/70).
Allah, le Très Haut, dit aussi : « (Qui d’autre que) Lui répond à l’appel du désespéré quand il L’invoque, débarrasse du mal et fait de vous des héritiers sur terre ? Y a-t-il, avec Allah, donc une autre divinité ? Non, mais il est rare que vous vous en souveniez ! » (Coran 27/62).
Votre époux a bien fait de refuser l’avortement car il est interdit même si le fœtus est dans la phase embryonnaire selon l’avis le plus prépondérant des oulémas car c’est une destruction de la progéniture. Donc tout le bien est de s’en écarter !
S’il y a une nécessité au deuxième choix c’est mieux car les interdits y sont moins graves selon notre avis. La fécondation in vitro est licite d’après les oulémas contemporains et il existe un décret l’autorisant proclamé par l’Assemblée Islamique du Fiqh. On peut y lire : « Le besoin de la femme qui ne peut avoir un bébé et le besoin de son mari d’avoir un enfant sont un prétexte légal leur autorisant de se soigner de la manière licite parmi celles de la fécondation in vitro. »
S’il y a nécessité, alors la fécondation est permise.
Le décret de l’Assemblée a insisté de prendre toutes les mesures de précaution et les directives légales et parmi elles : se garder de mélanger les ovules fécondées du couple avec celles d’autres gens, que ce soit une femme médecin qui soigne l’épouse et un homme médecin qui soigne l’époux si c’est possible, que toute l'opération soit confié à des médecins de confiance…

Et Allah sait mieux.
 

Fatwas en relation