Le mérite de certaines actions pieuses par rapport à d'autres

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Le mérite de certaines actions pieuses par rapport à d'autres
Selon 'Abdullah ibn 'Amr, qu'Allah soit satisfait de lui et de son père, on demanda au Prophète () : « Quelle est la meilleure façon d'appliquer l'Islam ? » Il répondit : « C’est de donner à manger aux autres et de saluer celui que l’on connaît tout comme celui qu’on ne connaît pas ». (Boukhari, Mouslim)
Toujours selon 'Abdullah ibn 'Amr ibn al-'As, qu’Allah soit satisfait de lui et de son père, un homme demanda au Prophète () : «Quel est le meilleur musulman ?’ Il dit : «Celui qui ne nuit pas à ses coreligionnaires avec sa langue ou ses mains.» (Boukhâri et Mouslim)
Selon Abû Mûssa al-Ach'ari, qu'Allah soit satisfait de lui, on demanda au Prophète () : « Quel est le meilleur musulman ?’ Il dit : «Celui qui ne nuit pas à ses coreligionnaires avec sa langue ou ses mains.» (Boukhâri et Mouslim)
Les points à aborder dans ces hadiths :
Premièrement, le sens des mots :
• La parole « Quelle est la meilleure façon d'appliquer l'Islam ? » et dans l’autre version de 'Abdullah ibn 'Amr et dans celle d'Abû Mûssa, qu’Allah soit satisfait d’eux : « Quel est le meilleur musulman ? », signifie: quelle est la meilleure qualité qui peut caractériser un musulman ?
• La parole « donner à manger aux autres », fait référence à l’hospitalité.
• La parole « saluer », signifie échanger les salutations.
• La parole «celui que l’on connaît tout comme celui qu’on ne connaît pas », signifie qu'il ne faut pas limiter le salut à des personnes spécifiques, par arrogance ou par affectation. Il faut plutôt saluer les gens par vénération du salut de l'Islam et par respect de la fraternité musulmane. L’argument selon lequel la parole «celui qu’on ne connaît pas » englobe aussi bien le musulman que le mécréant, l'hypocrite et le pervers, est réfuté par d’autres textes religieux qui indiquent qu'il faut saluer les musulmans spécifiquement ou interdisent de saluer les mécréants et parce que la recommandation de saluer les autres a été instituée au début de l’Islam pour concilier les cœurs des non-musulmans.
La première réfutation est prioritaire étant donné le hadith authentiquement transmis, rapporté par Abû Hurayra, qu’Allah soit satisfait de lui, où le Prophète () dit : «Ne saluez pas en premier les juifs et les chrétiens, […].» (Mouslim)
La manière de leur retourner le salut mentionnée dans le hadith de Anas ibn Mâlik, qu’Allah soit satisfait de lui, qui dit : les Compagnons dirent au Prophète () : « Lorsque les Gens du Livre nous saluent, comment leur répondre le salut?»
- « Dites à vous aussi [le salut] », répondit le Prophète (). (Mouslim)
• La parole «(Le musulman est) celui qui ne nuit pas à ses coreligionnaires avec sa langue ou ses mains. », signifie que le musulman parfait ne nuit pas aux autres musulmans par les paroles ou les actes. La main est mentionnée en particulier ici car la plupart des actions se font par la main. Cela ne signifie pas pour autant que celui qui n'agit pas de la sorte n’est pas musulman.
L’enseignement que l’on tire du hadith : le hadith réunit deux choses à savoir nourrir les autres et les saluer dans le contexte de l’amour en Islam comme le dit le Prophète () :
«Voulez-vous que je vous indique une action qui, si vous la mettez en pratique, suscitera votre amour mutuel ? Saluez-vous les uns Ies autres ». Ce hadith comporte la preuve qu'il ne faut pas saluer seulement ceux qu'on connaît, mais tous les musulmans. (al-Qâdi 'IYâd)
Abû al-Zinâd a dit : « Ce hadith comporte une incitation à la solidarité et à se concilier avec les gens en leur donnant à manger et en les saluant car rien ne permet de gagner les cœurs mieux que ces deux choses. Allah, exalté soit-Il, fait l'éloge de ceux qui donnent à manger aux autres en disant (sens du verset) :« mais également nourrissaient l'indigent, l'orphelin et le captif, malgré leur propre dénuement » (Coran 67/8). Puis Allah, exalté soit-Il, évoque l'immense récompense réservée à ceux qui se comportent ainsi (sens du verset) :
« Et c'est ainsi qu'Allah les préservera du mal d'un tel jour, leur fera connaître la splendeur et la joie, et les gratifiera, pour ce qu'ils auront enduré, du Paradis et d'habits de soie.»(Coran 67/11-12)
Allah, exalté soit-Il, décrit celui qui ne nourrit pas les pauvres en disant (sens du verset) :
« «Qu'avez-vous fait pour mériter l'Enfer Saqar?», demanderont-ils à ces derniers. Et les damnés de dire : «Nous n'étions pas de ceux qui accomplissaient la salât. Nous ne nourrissions pas les démunis. Nous disputions de choses futiles avec les disputeurs. » (Coran 74/42-45)
Allah, exalté soit-Il, a désavoué la conduite de ceux qui voulaient priver les nécessiteux de leur nourriture. Il dit sur les gens du verger (sens du verset) :
« Nous avons éprouvé ces impies comme Nous avions éprouvé les propriétaires du verger, quand ils jurèrent d'en cueillir les fruits de bon matin, sans dire : «Si Allah le veut.» Or, pendant leur sommeil, un fléau déchaîné par ton Seigneur vint frapper leur verger qui se trouva le lendemain complètement détruit. Réveillés de bonne heure, les propriétaires s'interpellèrent : «Partez vite à votre plantation si vous voulez en cueillir les fruits !» Sur le chemin ils se chuchotaient : « Que nul infortuné ne serait admis à assister à la récolte» (Coran 68/17-24)
Mais Allah, exalté soit-Il, a anéanti leurs fruits et les en a privés lorsqu'ils ont voulu les prendre sans rien donner aux démunis. »

Pourquoi les musulmans ont divergé sur la réponse donnée par le Prophète () à la question de savoir quel est le meilleur musulman ?
Il y a là deux cas de figure:
• Le premier est que cela soit dû à la différence de situation. Dans l'une des deux situations, il était plus urgent et plus important de répandre les salutations entre les gens et de nourrir les pauvres car ces deux choses étaient négligées. Alors que dans l'autre situation, il était plus urgent et plus important de ne pas nuire aux musulmans. (Ceci est l'avis adopté par l'imam al-Nawawi).
• On peut concilier les deux (la nourriture et le salut). En effet, donner à manger aux pauvres implique de ne pas nuire aux gens et le fait de saluer les gens implique de ne pas leur faire de mal par la langue. Ceci est l'avis adopté par al-Kirmâni.
• Le fait que les réponses soient différentes peut être dû au fait que les deux questions étaient formulées (en arabe) de deux manières différentes. Et en supposant que les deux questions aient le même sens, les états des deux auteurs des questions étaient différents l'un de l'autre, ce qui exigeait une réponse qui convienne à l'état de chacun d'eux. (Ibn Hadjar).

 

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