La place du Hadj en Islam

  • Author: www.islamselect.com
  • Date de publication:03/10/2013
  • Catégories:Le pèlerinage
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Le Hadj, cinquième pilier de l'Islam, a été prescrit en l’an 9 de l’Hégire, selon l’avis prépondérant des ulémas. Allah, exalté soit-Il, dit (sens du verset) : 

« Et c’est un devoir envers Allah pour les gens qui ont les moyens, d’aller faire le pèlerinage de la Maison. Et quiconque ne croit pas... Allah Se passe largement des mondes » (Coran 3/97).

C’est une obligation qui doit être accomplie une seule fois dans la vie et qui incombe à tout Musulman pubère, en pleine possession de ses facultés mentales, qui en a les moyens. Le Hadj figure parmi les actes les plus susceptibles de rapprocher le serviteur d’Allah de son Seigneur, comme le prouvent de nombreux hadiths, dont les suivants :

D’après Abû Hurayra, qu’Allah soit satisfait de lui, lorsque l’on demanda au Prophète () : « Quelle est l’œuvre la plus méritoire ?
– “La foi en Allah, exalté soit-Il”, répondit-il.
– “Et quoi encore ?”
– “La lutte pour la cause d’Allah, exalté soit-Il”, ajouta-t-il.
– “Et quoi encore ?”
– “Un Hadj accompli correctement et avec piété”, conclut-il. » (Boukhari et Mouslim).

Aïcha, qu’Allah soit satisfait d’elle, rapporta avoir demandé au Prophète () : « Ô Messager d’Allah, nous savons que le djihad est la meilleure des œuvres. Le ferons-nous donc ? ». Il répondit : « Mais, le meilleur djihad consiste à un Hadj accompli correctement et avec piété. » (Boukhari et Mouslim).

D’après Abû Hurayra, qu’Allah soit satisfait de lui, le Prophète () a dit :

« La ‘Umra efface les péchés commis dans l'intervalle la séparant de la précédente ; et le Hadj accompli avec piété n'a d'autre récompense que le Paradis » (Boukhari et Mouslim).

En fait, le Hadj accompli correctement et avec piété est celui qui est exempt de tout péché...

Egalement d’après Abû Hurayra, qu’Allah soit satisfait de lui, le Prophète () a dit :

« Celui qui aura fait le pèlerinage, sans commettre d’actes impudiques, ni de désobéissances, redeviendra tel qu’il était le jour où sa mère l’a enfanté, sans péchés » (Boukhari).

Il appartient à chaque musulman au fait de la grande et généreuse récompense du Hadj, conscient de son importance en tant que l’un des piliers de l’Islam, de ne pas négliger cette obligation et de ne pas laisser passer l'opportunité de l’accomplir. Car personne ne connaît l’heure de sa mort. Le musulman doit saisir l’occasion d’accomplir le Hadj dès qu’il en a les moyens, et c’est Allah, exalté soit-Il, qu’il faut appeler au secours.


Les acclamations des pèlerins :
« Labbayka Allahumma Labbayk, Labbayka Lâ Charîka Laka Labbayk, Inn al-Hamda wa al-Ni'mata laka wa Al-Mulk, la Charîka Lak » (Me voici, ô Allah ! Me voici, répondant à Ton appel ; nul ne partage Ta divinité. Certes, les louanges, les biens et la royauté T’appartiennent, nul ne partage Ta divinité).

Allah, exalté soit-Il, dit (sens du verset) : « Et fais aux gens une annonce pour le Hadj. Ils viendront vers toi, à pied » (Coran 22/27). Les exégètes ont fait le commentaire suivant à propos de ce verset : « Lorsque Ibrâhîm (),  termina l’édification de la Maison sacrée, Allah, exalté soit-Il, lui ordonna de faire une annonce aux gens pour qu’ils accomplissent le Hadj. Ibrâhîm (), demanda : “Ô Seigneur, comment pourrais-je convier les gens, alors que ma voix ne leur parviendra pas ?”. Allah, exalté soit-Il, lui répondit : “Appelle-les et c’est à Moi de transmettre l’appel”. Aussitôt, Ibrâhîm () escalada le mont Abû Qubays à La Mecque et s’écria : “Ô gens, votre Seigneur a fait construire une Maison et vous appelle au pèlerinage”. Cet appel fut entendu par tous les êtres humains, même par ceux qui n'étaient pas encore nés et ceux à qui Allah, exalté soit-Il, a destiné d’accomplir le Hadj jusqu’au Jour de la Résurrection. Ils répondirent en disant : « Labbayka Allahumma labbayk » (Me voici, ô Allah ! Me voici).

Allah, exalté soit-Il, dit (sens du verset) : « Ils viendront vers toi, à pied » (Coran 22/27). En fait, Ibrâhîm (), et Ismâ'î ( ) accomplirent le Hadj à pied. Al-Hasan ibn 'Ali, qu’Allah soit satisfait de lui et de son père, accomplit vingt-cinq fois le Hadj à pied, entouré de chameaux. Ahmad ibn Hanbal, qu'Allah lui fasse miséricorde, accomplit deux fois le Hadj, également à pied.


Des scènes qui servent d'exemple :
Dja'far al-Sâdiq, qu'Allah lui fasse miséricorde, entrepris le voyage du Hadj. Alors qu'il s'apprêtait à prononcer la Talbiya, son visage changea d'expression et son corps trembla. Ses compagnons lui demandèrent ce qu’il avait, il répondit : « Je veux commencer la Talbiya, mais j’ai peur de recevoir une autre réponse que celle que je souhaite ».

'Abd Allah ibn al-Djallâ’ rapporta ce qui suit : « J’étais à Dhû-l- Hulayfa, lorsque je vis un jeune homme qui s'apprêtait à entrer en état d’Ihrâm. Je l’entendis répéter en pleurant : “Seigneur, je veux dire Labbayka Allahumma labbayk (Me voici, Ô Allah ! Me voici), mais je crains que Tu me répondes : Lâ Labbayka Wa Lâ Sa'dayka (point de réponse à ton appel). Enfin, il dit d’une voix forte : “Allahumma labbayk”, puis rendit l’âme, qu'Allah lui fasse miséricorde ».

Al-Fudayl ibn ‘Iyyâd se tint à 'Arafat au milieu des gens qui invoquaient Allah, exalté soit-Il, et se mit à pleurer comme une mère qui vient de perdre son enfant. Avant le coucher du soleil, il saisit sa barbe, leva les yeux vers le ciel et dit : « Comme j’ai honte en étant devant Toi, même si Tu me pardonnes ! ».


L’histoire de la construction de la Maison Sacrée :
Ibrâhîm (), amena sa femme Hâdjar et son fils Ismâ'îl alors nourrisson, et les installa près de la Maison Sacrée, sous un arbre qui dominait Zamzam, dans la plus haute partie de la mosquée. À cette époque, personne ne vivait à La Mecque, et il n'y avait pas d'eau dans la ville. Ibrâhîm () les laissa à cet endroit et leur donna un sac rempli de dattes et une outre contenant de l’eau, puis rebroussa chemin. Hâdjar le suivit et lui dit : « Ô Ibrâhîm ! Tu vas nous laisser dans cette vallée inhabitée où il n’y a rien ? ». Elle répéta cette phrase plusieurs fois, mais Ibrahim () ne se retourna pas. Elle lui dit alors : « Est-ce que c'est Allah qui t’a donné l’ordre d’agir ainsi ?
– “Oui”, répondit-il.
– “Alors”, reprit-elle, Il ne nous abandonnera pas ».
Elle retourna tandis qu’Ibrâhîm (), s’éloignait. Quand il arriva au col, l’endroit à partir duquel sa famille ne pouvait plus l’apercevoir, il se retourna vers la Maison Sacrée et pria en ces termes les mains levées vers le ciel (sens du verset) :

« Ô notre Seigneur, j’ai établi une partie de ma descendance dans une vallée sans agriculture, près de Ta Maison sacrée [la Ka'ba] – Ô notre Seigneur –, afin qu’ils accomplissent la Salât. Fais donc que se penchent vers eux le cœur d’une partie des gens. Et nourris-les de fruits. Peut-être seront-ils reconnaissants ? » (Coran 14/37).

Hâdjar (Alaiha Assalam), continua à allaiter son enfant et but l’eau qui lui restait. Lorsque celle-ci fut épuisée, elle et son fils éprouvèrent la soif et elle vit (même) son fils se tordre de soif. Ne pouvant plus supporter cette scène, elle s’en alla et escalada al-Safa, le monticule le plus proche, et promena son regard dans la vallée pour voir s’il y avait quelqu’un. N’ayant vu personne, elle redescendit et marcha jusqu’au fond de la vallée. Là, elle souleva l’extrémité de sa robe et pressa le pas pour traverser la vallée. Et puis elle escalada le monticule al-Marwa et regarda, mais elle ne vit personne. Elle répéta sept fois ce va-et-vient.

D’après Ibn 'Abbâs, qu’Allah soit satisfait de lui et de son père, le Prophète () a dit : « Voilà pourquoi les gens effectuent le Sa'y entre al-Safa et al-Marwa ». Arrivée à Al-Marwa, elle entendit une voix et se dit : « Arrête ! ».  Elle tendit l’oreille et, à sa grande surprise, elle aperçut un Ange près de l’emplacement de Zamzam. L'Ange creusa le sol avec son talon ou son aile jusqu’à ce que l'eau jaillisse. Hâdjar (Alaiha Assalam) essaya de contenir avec ses mains l’eau qui débordait sans cesse, et d’y puiser pour remplir son outre. L’Ange lui dit : « Ne craignez pas d’être abandonnée. Car ici c’est l’emplacement de la Maison d’Allah que ce garçon et son père édifieront. Certes, Allah n’abandonne pas les Siens ».

Que c’est magnifique de s’en remettre à Allah, exalté soit-Il, et de se soumettre humblement à Ses ordres. Voici Hâdjar (Alaiha Assalam) qui fut mise à rude épreuve, mais sa confiance en Allah, exalté soit-Il, ne fut jamais ébranlée, jusqu’à ce qu’elle fût soulagée et qu’elle fût comblée de l’eau de Zamzam. Hâdjar et son fils (Alaihim Assalam) formèrent le noyau d’une grande communauté dont allait être issu le sceau des Prophètes, Mohammad (). Cette petite famille bénie fut à l’origine du développement de cette contrée.

Les jours passèrent et voilà qu’Ibrâhîm (), reçut l’ordre d’Allah, exalté soit-Il, d'édifier l’Antique Maison et il obtempéra. Allah, exalté soit-Il, exauça ainsi l’invocation de Son ami privilégié et fit en sorte que le cœur des gens aime la Maison sacrée et que ses habitants soient nourris de fruits. La protection d’Allah, exalté soit-Il, continue à entourer l’Antique Maison, à sauvegarder sa sacralité et à la couvrir de vénération, de déférence et de grandeur au fil des jours et des générations.

Majdi 'Abd al-Hamîd al-Mûsâ
 

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