Le jeûne n'a pas d'équivalent

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Abou Omaamah, qu’Allah soit satisfait de lui, rapporta ce qui suit : « J’allai voir le Prophète (Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam) et je lui demandai : ‹Ordonne-moi de faire une chose que j’apprenne de toi›. ‹ Accomplis le jeûne, car il n’a pas d’égal›, me répondit-il ».
 
Dans une autre narration, Abou Omaamah, qu’Allah soit satisfait de lui, dit : « ô Messager d’Allah, quelle est la meilleure œuvre ? ». « Accomplis le jeûne, car il n’a pas d’équivalent », répondit le Prophète (Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam).
 
Dans une troisième : « Abou Omaamah, qu’Allah soit satisfait de lui, dit : ‹ô Messager d’Allah, indique-moi une œuvre qui me permette d’entrer au Paradis›. ‹Accomplis le jeûne, car il n’a pas d’égal›, lui répondit le Prophète (Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam). Après cela, on ne vit plus jamais de fumée (de la préparation de la nourriture) se dégager pendant la journée de la maison d’Abou Omaamah, à moins qu’il n’accueille un convive. Quand les gens voyaient la fumée sortir de sa maison pendant la journée, ils savaient qu’il donnait l’hospitalité à un invité ».
 
Et dans une quatrième : « Je dis : ‹ô Messager d’Allah ! Ordonne-moi une œuvre grâce à laquelle Allah m’accorde un profit (spirituel) !›. ‹Accomplis le jeûne, car il n’a pas d’égal›, me répondit le Prophète  (Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam) ». Depuis, Omaamah, son épouse, et son domestique n’étaient vus qu’en état de jeûne, et si on voyait la fumée (de la préparation de la nourriture) qui se dégageait au cours de la journée de sa maison, on disait qu’il accueillait un convive. Il resta ainsi longtemps, puis revint dire au Prophète (Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam): « ô Messager d’Allah, tu nous as ordonné d’accomplir le jeûne, et je souhaite qu’Allah, Exalté soit-Il, ait béni pour nous cette œuvre. ô Messager d’Allah, indique-moi une autre œuvre ». Il lui répondit : « Sache qu’à chaque fois que tu te prosternes devant Allah, Exalté soit-Il, Allah, Exalté soit-Il, t’élève d’un degré et t’efface un péché » (An-Nassaa-i et Ahmad [Ibn Khozaymah, Ibn Hibbaan et Al-Haakim : Sahih]).
 
Leçons et dispositions :
 
Premièrement, les Compagnons étaient soucieux de s’enquérir de ce qui leur servirait dans la vie future.
 
Deuxièmement, le jeûne est considéré comme la meilleure œuvre, conformément au Hadith susmentionné. Cependant, dans un autre Hadith, la meilleure œuvre est la prière, puisque le Prophète (Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam) a dit : « Sachez que la meilleure de vos œuvres est la prière ». Il s’avère que la préférence donnée à un acte d’adoration par rapport à un autre varie d’un Musulman à l’autre. Autrement dit, le jeûne serait la meilleure œuvre pour les uns, car il les empêche de glisser dans les désirs illicites et purifie leurs cœurs pour être entièrement voués à l’adoration, alors que la prière serait la meilleure œuvre pour d’autres, car ils sont physiquement incapables de jeûner, le jeûne pouvant les affaiblir et les empêcher d’accomplir les autres obligations. Ibn Al-Qayyim, qu’Allah lui fasse miséricorde, affirma : « Le jeûne pour celui qui est envahi par le désir charnel est beaucoup mieux que l’accomplissement de toute autre œuvre ».
 
Troisièmement, le jeûne aide à barrer la route à tout ce qui stimule les désirs, sources des péchés et entraves qui nous éloignent des actes de piété. Le Prophète (Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam) n’a-t-il pas conseillé le jeûne à l’homme qui n’avait pas les moyens de se marier et qui craignait de tomber dans un acte illicite, car le jeûne constitue une œuvre sans équivalent de ce point de vue.
 
Quatrièmement, Abou Omaamah et sa famille, qu’Allah soit satisfait d’eux, ont dûment obéi aux ordres du Prophète (Salla Allahou ‘Alaihi wa Sallam) et ont immédiatement fait le jeûne. Leur attitude confirme la prompte obéissance des Compagnons aux prescriptions de la Chari’a droite.
 
Cinquièmement, étant donné que l’hospitalité, donnée au convive, est légale, il est licite d’abandonner le jeûne surérogatoire, le cas échéant.  

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